
Le prisonnier politique sahraoui Zinelabidine Malah El Bar retrouve la liberté après quatre ans de détention arbitraire, de torture et de mauvais traitements
Chahid El-Hafed, le 10 janvier 2026
L’Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA) salue la libération du prisonnier politique sahraoui Zinelabidine Malah El Bar et son retour auprès des siens dans les premières heures du 10 janvier 2026.
Ce jeune militant sahraoui, né à Smara le 4 avril 1998, a été arbitrairement arrêté le 10 janvier 2021 dans sa ville par des éléments de la police et des services de renseignement marocains. Son arrestation s’inscrivait dans le contexte des célébrations pacifiques organisées par les masses sahraouies à Smara suite à la victoire de l’équipe nationale algérienne lors de la Coupe Arabe (Qatar, décembre 2020).
Le 26 janvier 2022, la soi-disant Cour d’Appel de El Aaiun a rendu un verdict injuste et disproportionné à son encontre, le condamnant à quatre ans de prison sur la base d’accusations fabriquées telles que « rassemblement non autorisé », « jets de pierres», « insultes envers des agents publics » et « dégradation de biens publics et privés ». Le procès n’a pas respecté les garanties minimales d’un procès équitable, a été entaché d’irrégularités graves et avait pour seul motif ses convictions politiques et son engagement en faveur de l’autodétermination et de l’indépendance du peuple sahraoui.
Durant ces quatre années de détention arbitraire et illégale, Zinelabidine Malah El Bar a été transféré successivement entre plusieurs prisons marocaines de sinistre réputation :
- La prison civile de Smara.
- L’infâme prison connue sous le nom de « Prison Noire » à El Aaiun.
- La prison de Bouzakaren.
Dans ces établissements pénitentiaires, il a été soumis à des actes de torture physique et psychologique, à des mauvais traitements systématiques, à l’isolement, à des humiliations et à des conditions de détention dégradantes, en violation des normes internationales des droits de l’homme et des Règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela). Pendant toute cette période, il n’a reçu aucune visite du Comité international de la Croix-Rouge ni d’aucun autre organisme humanitaire ou médical indépendant.

De même, les autorités d’occupation ont imposé pendant son incarcération des restrictions strictes et arbitraires aux visites familiales :
- De longues périodes sans autorisation de visite
- Des fouilles humiliantes et des insultes envers les proches
- Des limitations sévères du nombre et de la durée des visites
Ces mesures s’inscrivent dans une politique délibérée de punition collective et d’isolement, visant à briser la résistance morale des prisonniers politiques sahraouis et de leurs familles.
La libération de Zinelabidine Malah El Bar s’est produite aux premières heures de l’aube, sous étroite surveillance sécuritaire : il a été conduit directement de la prison au domicile familial à Smara, où un siège étouffant a immédiatement été imposé, avec un important déploiement policier autour de la maison. Toute réunion, célébration populaire ou expression publique de joie et de solidarité a été interdite, dans une tentative manifeste de minimiser l’impact symbolique de sa libération.
L’AFAPREDESA affirme que la liberté de Zinelabidine Malah El Bar n’est ni une faveur ni une concession, mais un droit qui lui a été injustement confisqué pendant quatre longues années. Sa fermeté en prison, sa dignité intacte et son engagement inébranlable envers la cause du peuple sahraoui constituent un brillant exemple pour la jeunesse de l’Intifada de l’Indépendance.
Nous exigeons :
- La libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques sahraouis encore détenus dans les prisons marocaines
- La fin de la politique de torture, des transferts punitifs et des restrictions aux visites familiales
- Une enquête indépendante et internationale sur les violations des droits de l’homme subies par Zinelabidine Malah El Bar et tous les prisonniers politiques sahraouis
- Le plein respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance, conformément au droit international
Vive la résistance sahraouie !
Liberté pour tous les prisonniers politiques sahraouis!
Le Sahara n’est pas à vendre !