AFAPREDESA

LE TERRITOIRE LE PLUS HERMÉTIQUE DU MONDE : Expulsion arbitraire et illégale d’une délégation d’observateurs espagnols par les autorités marocaines au Sahara Occidental occupé

Chahid El Hafed, le 13 janvier 2026

L’Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA) condamne avec la plus grande fermeté l’expulsion arbitraire et illégale, survenue ce 13 janvier 2026, d’une délégation internationale d’observation composée de trois éminents représentants espagnols, immédiatement après leur arrivée à l’aéroport d’El Aaiún, au Sahara Occidental occupé.

La délégation était composée de :
• Carmelo Ramírez, Conseiller à la Coopération Institutionnelle et à la Solidarité Internationale du Cabildo de Grande Canarie et président de la FEDISSAH (Fédération Nationale des Institutions Solidaires du Peuple Sahraoui) ;
• Noemí Santana Perera, Députée au Congrès des Députés pour Podemos ;
• Fernando Ruiz Pérez, Secrétaire à la Communication de Podemos Canarias.

La mission, organisée par la FEDISSAH, avait pour objectif de mener une observation directe et indépendante de la situation grave et systématique de violations des droits de l’homme subie par le peuple sahraoui dans les territoires occupés, avec une attention particulière portée à El Aaiún. Les membres entendaient rencontrer des organisations sahraouies de défense des droits de l’homme et documenter in situ les violations signalées de manière récurrente.

Les autorités d’occupation marocaines ont immédiatement empêché le débarquement des trois membres : un agent de sécurité a physiquement bloqué la sortie de l’avion, leur entrée sur le territoire a été refusée et ils ont été expulsés de manière sommaire, étant renvoyés vers l’archipel canarien sans pouvoir atteindre aucun des objectifs prévus.

Les membres de la délégation ont dénoncé au moment même de l’expulsion — et de nouveau à leur retour aux Canaries — qu’il s’agissait d’un acte illégal, arbitraire et inacceptable, dont le seul but est de bloquer toute forme d’observation internationale indépendante sur le territoire.

Cet incident grave n’est pas un fait isolé. Depuis plus d’une décennie, le Maroc applique une politique systématique de blocus absolu :
• Plus de 329 observateurs internationaux (parlementaires, défenseurs des droits de l’homme, juristes et journalistes provenant de 21 pays) ont été expulsés ou empêchés d’entrer au Sahara Occidental occupé depuis 2014, dont 27 pour la seule année 2025.
• Depuis 2015, les autorités marocaines n’ont autorisé aucune visite des missions techniques du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH).
• Les visites du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) au Sahara Occidental occupé restent paralysées depuis 1996.

Avec cette politique d’hermétisme absolu, le Royaume du Maroc a transformé le Sahara Occidental — divisé par un mur militarisé et miné de 2 720 km, surveillé par plus de 120 000 soldats — en le territoire le plus hermétique et opaque de la planète. Des centaines de milliers de familles sahraouies restent séparées depuis cinq décennies, sans aucune possibilité de retrouvailles familiales.

Cette situation d’isolement forcé et de violation systématique des droits de l’homme s’est notablement aggravée depuis que le Maroc a obtenu le soutien politique explicite de plusieurs dirigeants internationaux, dont les gouvernements de Pedro Sánchez (Espagne), d’Emmanuel Macron (France), de Benjamin Netanyahu (Israël) et l’ancienne administration de Donald Trump (États-Unis), qui ont contribué à légitimer l’occupation et à garantir l’impunité.

L’AFAPREDESA exige que la communauté internationale cesse d’être complice passive de cette anomalie flagrante et demande de toute urgence les mesures concrètes suivantes :

  1. L’intervention immédiate du Secrétaire Général des Nations Unies et du Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme pour exiger la cessation immédiate du blocus des observateurs internationaux et l’ouverture sans restriction du territoire aux missions techniques de l’ONU et aux rapporteurs spéciaux.
  2. La reprise urgente des visites du Comité International de la Croix-Rouge au Sahara Occidental occupé, paralysées depuis 1996.
  3. La création d’un mécanisme permanent de surveillance des droits de l’homme de l’ONU sur tout le territoire, garantissant un accès libre et sans entrave aux observateurs indépendants.
  4. La condamnation explicite par l’Union Africaine, l’Union Européenne et les États membres du Conseil de Sécurité de cette politique systématique d’obstruction et de violation du droit international humanitaire et des droits de l’homme.
  5. La cessation de tout soutien politique, économique ou diplomatique contribuant à perpétuer l’occupation et l’isolement forcé du peuple sahraoui.

L’AFAPREDESA réaffirme que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination est inaliénable et reconnu par les résolutions de l’ONU et de l’Union Africaine. Tant que persistera cette occupation illégale et cet hermétisme délibéré, la communauté internationale a la responsabilité inéluctable d’agir avec fermeté et urgence.