AFAPREDESA

AFAPREDESA condamne l’UE pour son soutien au fantoche plan d’autonomie marocain, au détriment du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

Chahid El Hafed, 30 janvier 2026

L’Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA) exprime son rejet le plus énergique et sa profonde déception face à la position adoptée par l’Union européenne dans la déclaration conjointe émise le 29 janvier 2026 avec le Royaume du Maroc, à l’issue du 15ᵉ Conseil d’Association UE-Maroc.

Par cette déclaration, l’Union européenne franchit une nouvelle étape dans sa capitulation face à l’occupation marocaine du Sahara Occidental, s’alignant de facto sur les thèses expansionnistes et coloniales de Rabat. Sous un langage diplomatique soigneusement calibré, elle vide de son contenu le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, principe consacré sans équivoque par les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies depuis 1963. Toutes réaffirment la pleine validité de la Résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960, qui déclare la nécessité de mettre fin au colonialisme sous toutes ses formes et consacre le droit des peuples coloniaux et opprimés à l’autodétermination et à l’indépendance.

La Cour internationale de Justice (CIJ), plus haute instance judiciaire de l’ONU, a établi dans son avis consultatif du 16 octobre 1975 qu’il n’existe aucun lien de souveraineté territoriale entre le Sahara Occidental et le Royaume du Maroc. La Cour a conclu qu’aucun élément ne justifiait de limiter l’application pleine et entière du principe d’autodétermination du peuple sahraoui, en stricte conformité avec la Résolution 1514 (XV) et les normes internationales de décolonisation.

L’UE insiste sur la nécessité d’une « solution mutuellement acceptable » et évoque même que cette solution doit garantir l’« autodétermination » du peuple sahraoui, mais elle la subordonne immédiatement à une seule base : le plan d’autonomie proposé unilatéralement par le Maroc. Dans ce schéma, quelle place réelle reste-t-il pour l’indépendance, option explicitement envisagée par les résolutions de l’ONU et au cœur même du principe de libre détermination ? Ce que l’UE présente comme « la solution la plus viable » n’est autre que la légitimation de facto d’une occupation et d’une annexion illégales, pratiques interdites par le droit international humanitaire et coutumier, que ce soit en Ukraine, en Palestine, au Groenland, en Kanaky, au Sahara Occidental ou dans tout autre territoire non autonome.

Exiger des négociations « sans conditions préalables » tout en imposant comme unique base le plan fantoche marocain constitue en soi la contradiction la plus grave et la plus flagrante. Cela équivaut à demander au peuple sahraoui de négocier sa propre reddition après des décennies de résistance et de sacrifice pour le respect de la légalité internationale qui régit la coexistence de tous les peuples et nations.

La légalité internationale n’admet ni exceptions ni menus à la carte. Les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne ont été clairs et incontestables : aucun accord entre l’UE et le Maroc ne peut s’étendre au Sahara Occidental sans le consentement du peuple sahraoui, représenté légitimement par le Front POLISARIO. Cette déclaration politique vise précisément à contourner ces jugements et à verrouiller le pillage systématique des ressources naturelles sahraouies, qui perpétue l’occupation et aggrave les violations persistantes et graves des droits de l’homme sur le territoire.

L’Union européenne ne peut invoquer les principes du droit international dans certains cas et les ignorer dans d’autres. L’AFAPREDESA exige de l’UE la cohérence avec son propre cadre juridique, qui, en vertu des articles 3 et 21 du Traité sur l’Union européenne, l’engage à respecter et à développer le droit international dans son action extérieure. Cette obligation doit se traduire par la même fermeté face à l’occupation du Sahara Occidental, dernier territoire non autonome d’Afrique, que celle montrée dans d’autres scénarios de violations flagrantes.

L’AFAPREDESA lance un appel urgent aux Nations Unies, dépositaire ultime de la responsabilité sur le Sahara Occidental en tant que territoire non autonome sous son autorité : l’Organisation ne peut ni ne doit cautionner des processus qui dénaturent l’essence même du droit à l’autodétermination, ni se départir de son mandat originel établi dans le cadre du Plan de Règlement qui a créé la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO).

Le peuple sahraoui poursuit sa lutte légitime pour la justice, la liberté, la souveraineté permanente sur ses ressources naturelles et le plein respect de ses droits humains.

Le Royaume du Maroc n’a qu’un seul devoir celui de mettre un terme immédiat à son occupation illégale.

À l’Union européenne, il incombe de cesser d’être complice de cette occupation et du pillage des ressources sahraouies.

‘histoire n’absoudra pas ceux qui, par intérêts géopolitiques ou économiques conjoncturels, pactisent avec les occupants et trahissent les principes fondateurs du droit international, de la Charte des Nations Unies et des propres valeurs et principes de l’UE.