Aujourd’hui, 27 février 2026, le peuple sahraoui et tous les amoureux de la paix et de la justice commémorent le 50e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Depuis sa naissance, la RASD est la garante et le principal bastion de notre peuple et de ses droits nationaux légitimes.
Cette étape historique a comblé le vide politique et juridique laissé par l’État espagnol après son retrait unilatéral du territoire en 1975, manquant ainsi à son obligation légale, en tant que puissance administrative, de décoloniser le Sahara occidental. Ce territoire, inscrit depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes des Nations Unies, continue d’y figurer comme l’un des 17 cas de décolonisation encore en suspens dans le monde.
La proclamation de la RASD est intervenue alors que résonnaient encore les conclusions percutantes de la mission de visite des Nations Unies au Sahara espagnol. Cette mission a reconnu la représentativité du Front Polisario comme force politique dominante sur le territoire et a constaté le rejet catégorique, par le peuple sahraoui, de toute revendication territoriale du Maroc et de la Mauritanie. Le rapport de la mission de visite des Nations Unies au Sahara espagnol, approuvé le 10 octobre 1975 — exactement 20 jours avant le début de l’invasion marocaine —, a été fondamental pour le processus de décolonisation de la région. Ses principales conclusions établissaient que l’immense majorité de la population sahraouie désirait massivement l’indépendance et s’opposait fermement aux prétentions annexionnistes de ses voisins.

À cela s’est ajouté, surtout, l’avis clair de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice du 16 octobre 1975, qui a établi catégoriquement :
« Les éléments et informations présentés à la Cour n’établissent aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental et le Royaume du Maroc ou l’entité mauritanienne. Ainsi, la Cour n’a pas trouvé de liens juridiques de nature à affecter l’application de la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale dans la décolonisation du Sahara occidental et, en particulier, du principe d’autodétermination par l’expression libre et authentique de la volonté des peuples du Territoire. »
Malgré cet avis, le Maroc et la Mauritanie ont envahi militairement le territoire avec la complicité de l’Espagne. L’occupation marocaine qui en a résulté a constitué, depuis lors, une attaque systématique et délibérée contre la population civile sahraouie, que la justice espagnole a qualifiée de génocidaire. Dans l’historique ordonnance du 9 avril 2015, le juge Pablo Ruz de l’Audience nationale espagnole a ordonné la poursuite de onze hauts responsables militaires et policiers marocains pour des crimes de génocide commis entre 1975 et 1992. L’ordonnance décrit des « bombardements de camps civils, déplacements forcés, assassinats, détentions illégales, disparitions forcées et tortures », dans le but de détruire, en tout ou en partie, le peuple sahraoui en tant que groupe ethnique et national.
La RASD n’est donc pas un simple symbole : elle est le bastion, la muraille et la plus haute expression de la volonté du peuple sahraoui. Elle est membre fondateur de l’Union africaine (admise en 1982 à l’ex-OUA) et, depuis 2017, siège d’égal à égal avec le Royaume du Maroc à tous les sommets africains, dans les dialogues Union africaine-Union européenne et aux conférences TICAD.
La tragédie du Sahara occidental évoque, tragiquement, l’image d’une Allemagne divisée par le mur de Berlin. Aujourd’hui, le « mur de la honte » marocain, long de plus de 2 700 km et parsemé de mines antipersonnel, sépare les familles, empêche la libre circulation et perpétue la division forcée de notre peuple. De même, notre cause présente des parallèles évidents avec le Timor oriental, qui a également été envahi en 1975 après le retrait du Portugal et a finalement recouvré son indépendance par l’exercice légitime du droit à l’autodétermination.
L’exercice de ce droit inaliénable peut inclure toute formule politique convenue, y compris une large autonomie. Cependant, pour qu’elle soit légitime, le peuple sahraoui doit avoir la possibilité réelle, libre et sans contrainte de choisir également l’indépendance lors d’un référendum organisé et supervisé par les Nations Unies, comme il le réclame depuis des décennies.
Il est impératif que la communauté internationale exige le strict respect de la légalité internationale, la fin du colonialisme sous toutes ses formes et le respect inaliénable du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Seule la pleine application du Plan de règlement de 1991 — accepté par les deux parties et entériné par le Conseil de sécurité des Nations Unies — permettra une solution juste et durable. Pour atteindre cet objectif, il est plus que nécessaire d’avancer effectivement dans la mise en œuvre des décisions, avis et recommandations des principaux mécanismes des Nations Unies : le Comité contre la torture, le Groupe de travail sur la détention arbitraire et le Comité contre les disparitions forcées.
De manière spéciale et prioritaire, l’AFAPREDESA exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques sahraouis, véritables symboles vivants de la résistance pacifique et de la dignité du peuple sahraoui. La majorité d’entre eux ont été arrêtés arbitrairement depuis novembre 2010 lors de l’expulsion violente du camp de Gdeim Izik par les forces d’occupation marocaines et restent emprisonnés dans des conditions inhumaines, transformés en otages de l’occupation illégale.

Nous réclamons également la clarification immédiate des 445 cas de disparus sahraouis, avec l’exhumation urgente des fosses communes et la restitution des dépouilles à leurs familles ; la cessation définitive des bombardements de civils par drones ; et la restitution de toutes les terres et propriétés confisquées.
À l’occasion du 50e anniversaire de la cette glorieuse proclamation de la RASD, l’AFAPREDESA rend un vibrant hommage à toutes les victimes de cette cruelle occupation, qui n’aurait pu se perpétuer sans l’encouragement, le soutien et la complicité active de l’Espagne et de l’Union européenne.
Enfin, l’AFAPREDESA lance un appel urgent aux médias pour qu’ils offrent une couverture véridique et équilibrée, en donnant la parole au peuple sahraoui, la première et principale partie concernée. Il est nécessaire de mettre en lumière les graves violations des droits humains qui sont commises quotidiennement dans les territoires occupés : disparitions forcées, bombardements de civils, détentions arbitraires et tortures. Ignorer ces faits, reconnus judiciairement comme constitutifs de génocide, ne fait que prolonger une occupation illégale qui dure déjà un demi-siècle.