Chahid El Hafed, le 2 mars 2026 – L’Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA) exprime sa plus profonde reconnaissance et sa gratitude au Mouvement pour les Prisonniers Politiques Sahraouis (MPPS). Depuis cinq ans, ce mouvement mène l’une des actions de solidarité les plus belles, les plus constantes et les plus émouvantes : un rassemblement hebdomadaire, chaque lundi, devant le ministère des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, à Madrid.

Semaine après semaine, le MPPS maintient vivante la flamme de la dignité en dénonçant l’injustice subie par les prisonniers politiques sahraouis incarcérés dans les prisons marocaines. Leur persévérance est un phare dans l’indifférence institutionnelle espagnole, rappelant chaque semaine au président du gouvernement, Pedro Sánchez, et au ministre José Manuel Albares que plus d’une trentaine de Sahraouis restent privés de liberté. Ces hommes sont arbitrairement détenus dans des conditions particulièrement cruelles, à plus de 1 000 kilomètres de leurs familles, et purgent des peines disproportionnées — dont plusieurs condamnations à perpétuité — prononcées à l’issue de procès illégaux et entachés d’irrégularités.
Comme l’ont constaté des mécanismes internationaux de premier plan, telles que le Comité des Nations unies contre la torture et le Groupe de travail sur la détention arbitraire, ces condamnations reposent sur des aveux obtenus sous la torture. Ces organismes exigent leur libération immédiate et inconditionnelle. Le quotidien carcéral de ces prisonniers est un calvaire, marqué par des conditions dégradantes, des mauvais traitements, un isolement prolongé et une absence totale de garanties judiciaires et de soins médicaux. Dans le silence complice des grands médias, le seul moyen qui leur reste pour faire entendre leur douleur est la grève de la faim, pour tenter d’exister.
Ces cinq années de mobilisation du MPPS contrastent brutalement avec cinq années d’inaction et de silence de la part du gouvernement espagnol. Un silence qu’AFAPREDESA considère de complice, d’autant plus grave que l’Espagne reste, à tous égards, la puissance administratrice de jure du Sahara occidental — un territoire en attente de décolonisation — conformément au droit international et à la propre législation espagnole.
Pour toutes ces raisons, AFAPREDESA :
- EXPRIME sa plus sincère gratitude au MPPS pour son engagement indéfectible et son travail inestimable en faveur de la liberté et de la dignité des prisonniers sahraouis.
- DÉNONCE l’absence de réponse du gouvernement espagnol et exige qu’il sorte de son mutisme pour agir immédiatement auprès des autorités marocaines afin de faire le suivi de la situation des prisonniers politiques sahraouis.
- EXIGE du gouvernement espagnol qu’il assume ses responsabilités en tant que puissance administrante et qu’il obtienne, sans plus de retard, la libération immédiate de tous les prisonniers politiques sahraouis ainsi que le plein respect de leurs droits humains.
Le drame des prisonniers politiques sahraouis ne peut plus être ignoré. Le gouvernement espagnol ne peut prêcher la défense des droits humains à Gaza ou en Ukraine tout en les bafouant sur un territoire relevant de sa responsabilité administrative.
AFAPREDESA lance un appel à toute la société civile espagnole, aux partis politiques, aux syndicats et aux organisations de défense des droits humains pour qu’ils se joignent aux rassemblements du MPPS, qui ont lieu tous les lundis à 12h30 devant le ministère des Affaires étrangères (Place de la Province, Madrid). Soutenir le MPPS, c’est soutenir la justice, la légalité internationale et la liberté du peuple sahraoui.