AFAPREDESA TIRE LA SONNETTE D’ALARME ET EXIGE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE UNE ACTION IMMÉDIATE POUR SAUVER LA VIE D’ENAÂMA ASFARI
Chahid El Hafed et El Aaiun occupée, 9 juillet 2026
L’Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA) suit avec une vive préoccupation la situation sanitaire critique du prisonnier politique sahraoui Enaâma Asfari, qui maintient une grève de la faim ouverte depuis le 8 juin 2026 à la prison centrale de Kénitra, au Maroc, à plus de deux mille kilomètres de sa famille et de sa terre occupée.
Enaâma Asfari (56 ans) est un défenseur éminent des droits de l’homme et vice-président de la Commission pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme au Sahara Occidental (CORELSO). Son père, Abdi Moussa Asfari, a été enlevé de force et soumis à une disparition forcée pendant près de 16 ans dans les centres de détention secrets marocains, en raison de son combat pour la libération du Sahara Occidental et pour le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance.
Enaâma Asfari a passé plus de 15 ans en détention arbitraire, durant lesquels il a subi la torture systématique, les mauvais traitements, l’isolement cellulaire prolongé, la privation délibérée de soins médicaux adéquats, ainsi que l’interdiction des visites familiales. Son épouse, Mme Claude Mangin (de nationalité française), n’a pas pu lui rendre visite depuis 2018 et reste interdite d’entrée sur le territoire du Royaume du Maroc.

Il convient de rappeler qu’Enaâma Asfari a été arrêté 13 heures avant le démantèlement violent du campement de Gdeim Izik par les forces marocaines. Ce campement de protestation pacifique, organisé du 10 octobre au 8 novembre 2010, a constitué la plus grande expression collective et pacifique du rejet par le peuple sahraoui de l’occupation marocaine et de sa revendication du droit à la souveraineté sur les richesses de son pays, pillées par l’occupant avec le soutien de multinationales et de l’Union européenne.
AFAPREDESA exige une réponse immédiate aux revendications légitimes d’Enaâma Asfari, parmi lesquelles :
- L’application immédiate de l’Avis n° 23/2023 du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, qui a considéré sa détention comme arbitraire et exigé la libération immédiate de tous les membres du groupe de Gdeim Izik ;
- La fourniture de soins médicaux indépendants et urgents sous la supervision du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ;
Son transfert immédiat dans un hôpital neutre ou dans une prison proche de sa famille au Sahara Occidental, dans l’attente de sa libération ; - La levée immédiate de son isolement ;
L’autorisation de visites régulières et sans restriction de son épouse et de ses proches ; - L’accès à la prison d’observateurs internationaux, en particulier le CICR et les mécanismes compétents des Nations Unies, y compris la Rapporteuse spéciale contre la torture, dont la visite a été reportée sine die à deux reprises cette année 2026.
AFAPREDESA tient l’État occupant marocain pleinement responsable de toute détérioration supplémentaire de l’état de santé d’Enaâma Asfari ou de sa perte de vie. Il convient de rappeler qu’en vertu des résolutions 34/37 (1979) et 35/19 (1980) de l’Assemblée générale des Nations Unies, la présence du Royaume du Maroc au Sahara Occidental est qualifiée d’occupation persistante. AFAPREDESA exhorte ce dernier à y mettre fin, comme l’a fait la Mauritanie en 1979 en se retirant du territoire à la suite de l’accord historique d’Alger signé avec le Front Polisario.
AFAPREDESA rappelle également à l’Espagne son devoir juridique de protéger les civils sahraouis, en sa qualité de puissance administratrice du territoire du Sahara Occidental (conformément aux articles 73 et 74 de la Charte des Nations Unies), statut réaffirmé par de nombreuses décisions judiciaires, parmi lesquelles l’Ordonnance 40/2014 du juge Fernando Grande-Marlaska et l’Ordonnance 1/2015 du juge Pablo Ruz.
Arrêt 40/2014 de l’Audience nationale (président Fernando Grande-Marlaska)
PDF complet: Auto Nº 40/2014 – Audiencia Nacional
Dans cet Arrêt, la Chambre pénale considère l’Espagne comme puissance administratrice du Sahara Occidental.
Arrêt 1/2015 du juge Pablo Ruz (9 avril 2015)
Resumé et contexte: Descargar folleto PDF
Par cet arrêt, le Juge Pablo Ruz (Tribunal central d’instruction n° 5) poursuit 11 hauts responsables marocains pour génocide, détentions illégales, tortures et disparitions forcées contre la population sahraouie.
AFAPREDESA dénonce le silence et la complicité de l’Union européenne et des États-Unis d’Amérique, dont l’attitude encourage la puissance occupante, le Royaume du Maroc, dans son mépris des décisions des mécanismes de l’ONU et du droit international au Sahara Occidental, la dernière colonie en Afrique.
Appel urgent à la communauté internationale :
- Nations Unies et Conseil de sécurité, responsables du processus de décolonisation en cours ;
- Union européenne et Parlement européen, qui participent activement au pillage des ressources naturelles du territoire ;
- Union africaine et Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ;
- Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, privé de visites sur le terrain depuis 2016 ;
- Comité international de la Croix-Rouge, dont la dernière visite aux prisonniers politiques sahraouis remonte à 1996 ;
- Gouvernements et organisations internationales de défense des droits de l’homme.
Nous lançons un appel à une intervention immédiate et efficace pour sauver la vie d’Enaâma Asfari, garantir la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis et mettre fin à la répression systématique exercée par les forces d’occupation marocaines contre le peuple sahraoui.
AFAPREDESA réaffirme sa pleine solidarité avec Enaâma Asfari et soutient son combat pour la dignité et la liberté.
Pour la libération immédiate d’Enaâma Asfari et de tous les prisonniers politiques sahraouis !
Pour la fin de l’occupation marocaine du Sahara Occidental !