LA LIBÉRATION DE MOHAMED DADDA N’EFFACE PAS L’ARBITRAIRE DE SA DÉTENTION NI L’IMPUNITÉ DU MAROC
Chahid El Hafed, 4 mars 2026 – L’Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA) accueille avec une immense joie la libération, survenue le 3 mars 2026, du prisonnier politique sahraoui Mohamed Dadda. M. Dadda est membre de l’historique « Groupe des Étudiants » ou « Groupe d’El Wali », un collectif de jeunes activistes arrêtés en 2016 pour leur défense pacifique du droit à l’autodétermination du Sahara Occidental.

UN CAS DOCUMENTÉ PAR LES NATIONS UNIES
Mohamed Dadda, étudiant et militant, a été arrêté le 29 janvier 2016 pour son militantisme pacifique en faveur de l’indépendance du Sahara Occidental. Condamné à 10 ans de prison par un tribunal marocain, il a été transféré successivement dans plusieurs prisons, dont Ait Melloul 1 et la prison occupée de Smara. Tout au long de sa détention, il a dénoncé des tortures systématiques, mené plusieurs grèves de la faim et des protestations pacifiques. Sa santé s’est gravement détériorée, comme l’ont documenté les rapports de l’ONU et des organisations sahraouies entre 2018 et 2025.
Son cas, ainsi que celui du reste du Groupe des Étudiants, a été examiné par le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU dans l’Avis A/HRC/WGAD/2019/67, qui a déclaré expressément que sa détention était arbitraire et exigé sa libération immédiate. Le Groupe a souligné que les étudiants avaient été emprisonnés uniquement pour leur activisme et leur soutien au droit à l’autodétermination, en utilisant comme principale preuve des aveux obtenus sous la torture.
Voir Avis A/HRC/WGAD/2019/67:
https://digitallibrary.un.org/record/3933409/files/A_HRC_WGAD_2019_67-FR.pdf
Le Royaume du Maroc n’a jamais mis en œuvre cette décision de l’ONU. Au contraire, les jeunes étudiants ont subi des actes de représailles précisément pour avoir eu recours aux mécanismes des Nations Unies (voir A/HRC/45/16).
DEUX ÉTUDIANTS SAHRAOUIS RESTENT EN PRISON
Jusqu’au 3 mars 2026, trois membres du Groupe des Étudiants purgeaient encore des peines de prison. Avec la libération de Mohamed Dadda, deux restent encore dans les prisons marocaines :
- Abdelmoula Mohamed El Hafidi
- Hussein Bachir Brahim
L’AFAPREDESA rappelle que Hussein Bachir Brahim a été emprisonné en janvier 2019 après avoir été expulsé d’Espagne où il avait demandé l’asile politique, et condamné à 12 ans de prison en octobre 2020. Les aveux obtenus sous la torture auprès du Groupe des Étudiants ont également été utilisés contre lui. Sa situation a fait l’objet de communications conjointes des Procédures spéciales de l’ONU (JAL MAR 2/2020 et AL MAR 5/2020) qui ont exprimé une grave préoccupation face à l’absence de preuves et à la violation des droits fondamentaux.
EXIGENCES ET REVENDICATIONS
- La libération immédiate et inconditionnelle des deux étudiants sahraouis qui restent emprisonnés : Abdelmoula Mohamed El Hafidi et Hussein Bachir Brahim.
- La liberté immédiate de tous les prisonniers politiques sahraouis.
- La mise en œuvre effective de tous les Avis et recommandations du Groupe de travail sur la détention arbitraire et des Procédures spéciales de l’ONU.
- La fin de la politique systématique de répression, de torture et de détentions arbitraires contre le peuple sahraoui, en commençant par la libération de tous les prisonniers politiques et l’éclaircissement du sort des 445 disparus sahraouis.
AU ROYAUME D’ESPAGNE, en sa qualité de Puissance administratrice du Sahara Occidental selon les Nations Unies — comme le reconnaît la Charte des Nations Unies et les résolutions successives de l’Assemblée générale tant que le processus de décolonisation n’est pas achevé — nous lui demandons d’assumer immédiatement ses responsabilités internationales. Qu’il exige la libération immédiate de tous les prisonniers politiques sahraouis, qu’il mette fin à sa complicité avec l’occupation marocaine et qu’il remplisse son obligation légale de protéger la population civile et de faciliter la tenue d’un référendum d’autodétermination, seul moyen légitime de mettre fin à l’occupation illégale de la dernière colonie d’Afrique.
L’AFAPREDESA lance un appel urgent à la communauté internationale, aux institutions européennes et, en particulier, au Gouvernement espagnol pour qu’ils agissent avec l’urgence qu’exigent le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme.
Liberté immédiate pour tous les prisonniers politiques sahraouis !
Espagne, assume ta responsabilité en tant que Puissance administratrice !
Décolonisation maintenant !