L’AFAPREDESA EXPRIME SA PROFONDE PRÉOCCUPATION FACE A LA GRAVE DÉTÉRIORATION DE L’ÉTAT DE SANTÉ DE NAÂMA ASFARI APRÈS 47 JOURS DE GRÈVE DE LA FAIM ET EXIGE SA LIBÉRATION IMMÉDIATE ET SANS CONDITION
L’Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA) est profondément préoccupée et alarmée face à l’état de santé critique du défenseur sahraoui des droits humains et prisonnier politique Naâma Asfari, qui achève aujourd’hui 47 jours de grève de la faim illimitée, dont au moins 11 jours durant lesquels il est resté en situation de disparition forcée.
Naâma Asfari, vice-président du Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme au Sahara Occidental (CORELSO), a entamé, le 8 juin 2026, une grève de la faim illimitée comme forme légitime de protestation pacifique face à la violation continue de ses droits fondamentaux et au non-respect systématique, par le Maroc, des décisions des mécanismes des Nations Unies.
L’AFAPREDESA condamne fermement les agissements des autorités d’occupation marocaines, qui incluent l’isolement total, la privation d’appels téléphoniques depuis le 13 juillet, le transfert forcé vers un hôpital sans notification à la famille ni aux avocats, et la dissimulation délibérée d’informations sur son état de santé. Ces mesures répressives s’étendent à son épouse, Claude Mungán-Asfari, à qui il est interdit de lui rendre visite depuis le 14 janvier 2019, ainsi qu’au reste des prisonniers politiques sahraouis.
De telles actions pourraient constituer une disparition forcée au sens de l’Article 2 de la Convention Internationale pour la Protection de Toutes les Personnes contre les Disparitions Forcées, ratifiée par le Royaume du Maroc le 14 mai 2013. Ledit article définit la disparition forcée comme la privation de liberté suivie du refus de la reconnaître ou de la dissimulation du sort ou du lieu de séjour de la personne, la soustrayant ainsi à la protection de la loi. Ces pratiques violent également l’Article 1 de la Convention, qui interdit toute disparition forcée sans exception aucune.
L’AFAPREDESA se solidarise avec la famille de Naâma Asfari, soutient pleinement ses revendications légitimes et réitère sa solidarité avec tous les prisonniers politiques sahraouis, en particulier avec Mohamed Lamine Haddi, Hassan Daha, Ahmed Sabai, Mohamed Bani et le reste du groupe de Gdeim Izik, qui subissent des représailles continues et une détention arbitraire depuis plus de 15 ans.

| COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Publié par la famille du défenseur des droits humains et prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari
En réponse au communiqué de la Délégation générale marocaine à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion 23 juillet 2026
La famille du défenseur des droits humains et prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari rejette le contenu du communiqué publié ce jeudi 23 juillet 2026 par la Délégation générale marocaine à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion, estimant qu’il ne reflète ni la réalité de son état de santé ni sa situation en matière de droits humains.
Cette déclaration intervient alors que Naâma Asfari poursuit sa grève de la faim illimitée, entamée le 8 juin 2026 et entrée dans sa septième semaine, pour protester contre la privation de ses droits fondamentaux, malgré les décisions rendues par le Comité contre la torture (CAT/C/69/D/606/2014) et le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (WGAD/2023/23).
La famille souligne ce qui suit :
• L’interdiction faite à Naâma Asfari d’utiliser le téléphone depuis le 13 juillet 2026 confirme la poursuite de son isolement de sa famille et de ses avocats. Cette mesure s’inscrit dans une série de représailles visant également son épouse, Claude Mangin-Asfari, privée de son droit de visite depuis le 14 janvier 2019. Les mêmes mesures de représailles visent également ses codétenus dans les prisons de Kénitra et Tiflet.
• La famille condamne son transfert vers un hôpital extérieur à l’établissement pénitentiaire le 15 juillet 2026, sans en avoir été informée, tout comme son équipe de défense, ainsi que le maintien du secret concernant son état de santé.
• Elle réitère son appel aux autorités marocaines afin qu’elles mettent immédiatement en œuvre les décisions des mécanismes des Nations Unies, répondent à ses revendications légitimes et mettent fin à toutes les mesures de représailles à son encontre.
• Elle exprime sa solidarité avec les prisonniers politiques sahraouis Mohamed Lamine Haddi, Hassan Dah, Ahmed Sbaï et Mohamed Bani, ainsi qu’avec l’ensemble des détenus du groupe de Gdeim Izik, et condamne les représailles dont ils sont victimes, tout en appelant au respect de leurs droits et à la fin des violations qui les visent.
La famille tient les autorités marocaines pleinement responsables de la sécurité et de l’intégrité physique de Naâma Asfari et appelle les Nations Unies ainsi que les organisations internationales de défense des droits humains à intervenir d’urgence afin d’assurer sa protection, de garantir à sa famille et à ses avocats l’accès aux informations concernant son état de santé et de veiller à la mise en œuvre des décisions des Nations Unies relatives à son affaire et à celle de ses codétenus du groupe de Gdeim Izik.
Famille du défenseur des droits humains et prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari |
RESPONSABILITÉ INTERNATIONALE
La grave détérioration de l’état de santé de Naama Asfari et de l’ensemble des prisonniers politiques sahraouis n’a été rendue possible que par le climat d’impunité totale dont bénéficie le Maroc, fruit direct de l’inaction coupable et de la complicité active de la communauté internationale.
Nous exigeons du Conseil de Sécurité des Nations Unies qu’il assume sa responsabilité première dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, et qu’il adopte des mesures concrètes et contraignantes pour mettre fin à l’occupation marocaine du Sahara Occidental, garantir le respect des droits humains et faire appliquer ses propres résolutions.
Nous exhortons les Nations Unies, dans leur ensemble, à passer des déclarations à des actions urgentes et effectives pour protéger la vie de Naâma Asfari et éviter une tragédie irréversible.
Nous demandons à l’Union européenne et à ses États membres de cesser de privilégier leurs intérêts économiques — en particulier leur participation enthousiaste à l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara Occidental — et de cesser de fermer les yeux sur les violations systématiques des droits humains commises par le Maroc. Cette complicité active favorise l’impunité et encourage la poursuite des pratiques criminelles contre le peuple sahraoui.
À l’Espagne, en sa qualité de Puissance Administratrice du Sahara Occidental tant que le processus de décolonisation n’est pas achevé, nous rappelons sa responsabilité spéciale et son obligation internationale conformément aux articles 73 et 74 de la Charte des Nations Unies. L’Espagne a le devoir sacré de veiller au bien-être du peuple sahraoui et de protéger ses citoyens contre tout abus. Cette obligation a été réaffirmée par des ordonnances judiciaires espagnoles, telles que l’ordonnance 40/2014 du magistrat Fernando Grande-Marlaska et l’ordonnance 1/2015 du juge Pablo Ruz.
Les actions du Maroc violent en outre la IVe Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles, le Sahara Occidental étant un Territoire Non Autonome sous occupation marocaine (résolutions 34/37 et 35/19 de l’Assemblée Générale de l’ONU). A cet égard, nous exigeons du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) qu’il remplisse pleinement son mandat humanitaire en contexte d’occupation et qu’il garantisse la protection des prisonniers sahraouis.
L’AFAPREDESA rappelle à tous ces acteurs internationaux que les mécanismes des Nations Unies se sont prononcés de manière claire et répétée sur ce cas :
- Le Comité contre la Torture (CAT/C/69/D/606/2014) a déterminé que Naâma Asfari a été torturé et a exigé réparation, enquête et la cessation des représailles.
- Le Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire (WGAD/2023/23) a déclaré sa détention arbitraire ainsi que celle de 17 autres compagnons du groupe de Gdeim Izik, exigeant leur libération immédiate.
Nous rappelons également :
- Que le 20 mai 2026, le Comité contre la Torture a émis une déclaration ferme sur le schéma systématique de détentions arbitraires, de tortures et d’aveux extorqués contre les prisonniers sahraouis, y compris Naâma Asfari.
- Que le 15 juillet 2026, la Rapporteuse Spéciale de l’ONU sur les Défenseurs des Droits Humains, Andrea Bolaños Vargas, est intervenue publiquement pour demander au Maroc de préserver la vie de Naâma Asfari et d’appliquer l’Avis n° 23/2023 du Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire.
Malgré cela, le Maroc persiste dans sa politique d’impunité, de répression et de désobéissance à ses obligations internationales en matière de droits humains.
APPEL URGENT
L’AFAPREDESA lance un appel urgent à l’Espagne, en sa qualité de Puissance Administratrice du Sahara Occidental, à la communauté internationale, aux Nations Unies, au Conseil de Sécurité, à l’Union européenne, à la France, à l’Union africaine et aux organisations de défense des droits humains pour qu’ils agissent de manière immédiate et déterminée avant qu’il ne soit trop tard.
Nous exigeons qu’ils adoptent les mesures nécessaires auprès des autorités marocaines d’occupation pour :
- La libération immédiate et sans condition de Naâma Asfari et de tous les prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik.
- La cessation immédiate de toutes les mesures d’isolement, de torture et de représailles.
- La reprise des visites de son épouse, Mme Claude Mangin, visites interrompues depuis le 14 janvier 2019.
- L’accès sans restriction du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) aux prisonniers politiques sahraouis par la reprise immédiate des visites interrompues depuis 1996.
La vie de Naâma Asfari est en danger imminent. Sa mort éventuelle ne reposera pas seulement sur les autorités marocaines, mais aussi sur les États et institutions qui, par leur silence ou leur complicité, ont permis cette injustice.
Libération immédiate pour Naâma Asfari et tous les prisonniers politiques sahraouis !
Fin à l’occupation marocaine et à l’impunité qui règne depuis 50 ans !
AFAPREDESA
24 juillet 2026